Vous êtes ou serez autoconstruteur

Vous envisagez de construire ou de rénover vous-même, ou vous êtes en train de le faire. Nous le savons, construire coûte cher, et souvent, le moindre Euro compte.

Mais il y a des règles à suivre.

Les règles du jeu de l'autoconstruction :

Règle n° 1 : respecter les règlementations en vigueur

  • Règlementation et urbanisme

Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) vous donnera les règles de constructibilité à appliquer : en fonction de la zone dans laquelle se trouve votre propriété. Il régit toutes les données urbanistiques à respecter : surface au sol, recul par rapport aux limites, hauteur, couleurs et matériaux, stationnement, etc.

Vous pouvez le récupérer auprès de la mairie de la commune sur laquelle se situe le terrain. Prenez garde à demander tous les documents qui peuvent concerner la parcelle, qui sont parfois oubliés : PPR, PIZ, secteur sauvegardé, etc.

Vous serez certainement dans l’obligation de déposer une demande d’autoristation : déclaration préalable (DP) ou permis de construire (PC). Les informations générales sur les autorisations d’urbanisme se trouvent ici.

Précisons également que le recours à l’architecte est obligatoire (Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture), mais que l’article 4 prévoit une dérogation pour les constructions inférieures à 150 m² de surface de plancher.

  • Règlementation et thermique du bâtiment
La construction d’un bâtiment neuf est soumise à la RT 2012. Vous devez attester de sa prise en compte dès le dépôt du permis de construire, et à la fin du chantier. Toutes les explications ici.
En ce qui concerne les bâtiments existants, c’est souvent la RT « élément par élément » qui s’applique, sans attestation à fournir… sauf dans certaines situations de création de surfaces. Toutes les explications ici.
Nous ne saurions que trop vous conseiller de respecter à minima ces préconisations… et même de les dépasser!
 
RT
  • Règlementation et ventilation
La ventilation est non seulement primordiale, mais également obligatoire. Le bon usage de cet équipement  est relativement méconnu en France mais c’est un point de la construction à ne surtout pas négliger.
Vous trouverez toutes les informations ici.
 
vmc
  • Règlementation et réseaux
En France, à moins d’une construction en site isolé et sous conditions particulières, toute construction à usage d’habitation doit obligatoirement être reliée aux différentes réseaux :
– électricité
– télécommunications
– eau potable
– eaux usées
– eaux pluviales
Le coût des différents raccordement varie considérablement selon la situation du terrain par rapport aux réseaux existants, et selon l’existence d’un réseau public d’assainissement et d’eaux pluviales….
 

Mais le respect des différentes règlementations ne suffit pas à obtenir un bon bâtiment... cela permet simplement de ne pas "faire pire"!

Règle n° 2 : respecter les "bonnes pratiques"

  • Elaborez votre programme
Un programme bien adapté est la clé. Il convient d’y réfléchir longuement. Et il ne s’agit pas seulement de décider d’un nombre de pièces et d’une superficie idéale, mais à la façon dont vous voulez vivre dans ce bâtiment.
 
Vous êtes prêt? Nous vous donnons 4 minutes pour nous exposer en détail les points importants, primordiaux, sur lesquels vous ne ferez pas de concession. Subjectivité totale autorisée… « Je veux chaque matin voir le jour se lever de la fenêtre de ma cuisine, au niveau de la table où je prends mon café. », « Je veux fermer toutes les portes quand je décidé de cuisiner une fricassée de poisson », « Et moi je veux de la lumière naturelle dans mon garage », Projetez-vous !
 
Votre projet, vos volontés, à confronter avec les possibilités du lieu.
  • Respectez les « Règles de l’Art »
Certes, vous êtes manuel, et puis Tonton est un excellent bricoleur qui saura vous donner de bons conseils. Et si cela ne suffit pas, les forums existent, il y a beaucoup d’informations, tout devrait bien se passer!
Non! tout cela ne suffit pas pour apprendre à construire seul.
Les règles de l’Art doivent être respectées, les DTU doivent être suivis, les normes telles que la C-1500 en électricité doivent être scrupuleusement connues et appliquées.
Construire sans prendre en compte ces éléments peut non seulement être dangereux, mais en plus, cela pourra vous être préjudiciable lors d’une éventuelle revente.
 

Accordez-vous du temps pour la réalisation de votre projet.

Il faut laisser le temps au temps :

  • Du temps pour concevoir : prendre le temps d’élaborer les choses tranquillement est très important. Cette phase est essentielle qui va conditionner la suite de la vie dans ce bâtiment.
  • Du temps pour le côté administratif : demande d’autorisation d’urbanisme, déclaration préalable, permis de construire, pièces complémentaires, délai d’instruction rallongé en présence d’un Architecte des Bâtiments de France, délai de recours des tiers,… Les services instructeurs tendent à complexifier leur travail et le temps théorique annoncé n’est que rarement respecté.
  • Du temps pour consulter : démarcher les entreprises, faire des demandes de devis, puis les analyser, adapter le projet au budget, revoir les artisans, et faire avec leurs disponibilités…
  • Du temps pour construire : outre le temps nécessaire à la construction, garder en mémoire les potentiels retards dus aux intempéries, aux modifications de dernière minute que vous voudrez apporter, aux imprévus imprévisibles…

Règle n°3 : pensez GLOBAL

Respecter chacune des règles en vigueur, connaître sur le bout des doigts les DTU relatifs aux matériaux et systèmes utilisés, comprendre le principe de résistance thermique d’une paroi et avoir élaboré un programme détaillé suffira-t-il à concevoir puis construire un « bon » bâtiment?

Rien n’est moins sûr. Le bon sens et le jugement pratique interviennent à toutes les phases du projet. Pris dans sa globalité, vous pourrez mettre en parallèle performance thermique et respect du budget, choix d’implantation, apports solaires et diminution des épaisseurs d’isolants,…

Le « jeu » consiste à déplacer les curseurs. Et ce n’est pas simple.

Nous voyons chaque année plusieurs projets d’autoconstruction ratés, à cause de priorités mal placés et de concepts laissés de côté. Quand on vient nous demander conseil sur un point précis de la construction, nous ne répondrons pas sans avoir d’abord analysé la globalité du projet, parce que la réponse au problème peut se cacher dans un détail insoupçonné.

La sagesse populaire dit qu’il faut construire 3 maisons avant de parvenir à la bonne. Nous concevons une vingtaine de ces bâtiments chaque année, et la clé de la bonne conception résidé assurément dans cette vision globale du projet que, professionnellement parlant, seul l’architecte peut se prévaloir de maîtriser.

Règle n°4 : restez économiquement cohérent

La décision de mener un projet en autoconstruction découle dans la plupart des cas d’une motivation économique : le budget n’est pas suffisant pour confier les travaux à une équipe d’artisans.

Il est donc primordial, dans cette logique d’économie, de mettre l’argent là où il faut. Vous n’avez pas les moyens de vous tromper, encore moins de refaire! Vous n’avez pas les moyens d’acheter du bon marché…

Les indications décrites ci-dessus sont des bons indicateurs pour vous permettre de réfléchir aux postes pour lesquels vous pourrez dépenser un peu plus. Des dépenses qui vous permettront de ne pas perdre de temps ni d’argent dans des décisions qui pourront vous coûter cher.